Les promesses des coronapistes : de l’histoire contrariée du cyclisme urbain à sa réémergence à Lyon

Historiquement, la planification urbaine française a favorisé la « motonormativité », marginalisant le vélo en dépit d’avancées législatives. En 2020, la pandémie de Covid-19 a favorisé l’adoption de l’urbanisme tactique, notamment à Lyon où 77 km de « coronapistes » ont été aménagés en quelques mois. Ces aménagements éphémères, nés de la pandémie, révèlent comment les infrastructures, en tant qu’assemblages sociotechniques, portent des « scripts » qui orientent les usages et les rapports de pouvoir dans l’espace urbain. Leur succès questionne les promesses de la planification traditionnelle et interroge la performativité des infrastructures : les coronapistes ont non seulement accru la pratique cyclable, mais aussi redéfini les hiérarchies entre modes de transport, mettant en lumière les tensions entre promesses politiques, savoir-faire techniques et attentes des usagers. Leur pérennisation soulève des enjeux de gouvernance et de cohabitation, où la « violence infrastructurelle lente » et la renégociation des normes d’usage deviennent centrales dans la fabrique de la ville post-pandémie.

mots-clés : pistes cyclables, coronapistes, assemblages sociotechniques, urbanisme tactique, automobilité, mobilité urbaine, politique urbaine, circulation urbaine


Numéro 50 – juin 2026 Les promesses des infrastructures urbaines. Regards ethnographiquesEntre espoirs, craintes et indifférences

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