Comme pour de nombreuses villes mélanésiennes, Port-Vila, capitale du Vanuatu, a suscité depuis la Seconde Guerre mondiale de nombreuses recherches autour des expériences urbaines souvent précaires de ses habitantes et habitants ni-Vanuatu. En revanche si les quartiers dits « informels » ont fait l’objet de recherches plus approfondies, les immeubles de béton et les chantiers normalisés et encadrés par les codes de constructions nationaux issus de savoirs technoscientifiques internationalisés sont restés dans l’ombre. À partir de l’ethnographie du chantier d’un petit immeuble de deux étages, construit dans l’hypercentre de la ville, l’article examine comment certains de ces chantiers peuvent être pour les travailleurs et leurs connaissances des lieux de négociation des relations entre espaces urbains et péri-urbains parfois très éloignés et mal desservis ainsi que des lieux de ressources dont les matériaux servent à pallier les défaillances d’autres systèmes infrastructurels tels que le réseau des routes entourant le chantier. Par le biais des multiples circulations des personnes comme des matériaux ou encore des produits végétaux qui sont cultivés dans ses interstices, le chantier est ainsi singulièrement connecté à un ensemble d’autres « lieux ». De cette manière, il fabrique la ville à la fois physiquement, socialement, et dans l’imaginaire de ceux qui y travaillent.
mots-clés : chantier, infrastructures urbaines, fragilités infrastructurelles, promesses urbaines, Port-Vila, Vanuatu
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Numéro 50 – juin 2026 Les promesses des infrastructures urbaines. Regards ethnographiquesEntre espoirs, craintes et indifférences
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