« C’est comme si on voulait comparer Lufthansa avec Alitalia ». Zarka, ou la violence des temporalités des infrastructures en Jordanie
L’article analyse les infrastructures dans la ville de Zarka, en Jordanie, à partir des promesses qu’elles portent et des inégalités qu’elles révèlent. À travers les récits de deux habitants, Yahya et Rachid, il met en lumière un développement urbain à plusieurs vitesses. Yahya, vivant dans la nouvelle Zarka, décrit un environnement moderne, doté d’infrastructures efficaces qui facilitent la mobilité, l’accès aux services et qui permettent de se projeter dans un avenir marqué par le progrès. À l’opposé, Rachid, chauffeur de taxi palestinien, montre des infrastructures dégradées, des réseaux défaillants et des conditions de vie précaires, marquées par l’improvisation et l’incertitude. Les métaphores qu’il emploie traduisent un présent figé, où les promesses de développement apparaissent suspendues ou trahies. Elles montrent des inégalités liées, d’une part, à des logiques de classe et d’origine. D’autre part, elles s’attachent au contexte régional marqué par les conflits en cours et les migrations forcées.
mots-clés : Zarka, infrastructures, marginalisations, promesses, hiérarchies sociales