Quand les promesses font le vide. L’aménagement de la ville par des infrastructures non réalisées

Certaines promesses infrastructurelles ne se réalisent jamais, mais agissent pourtant sur l’aménagement du territoire. À partir d’une enquête ethnographique de deux ans portant sur la plaine Montceleux à Sevran, l’article montre que les effets des infrastructures promises mais non réalisées ne se réduisent pas à un écart entre projet et réalisation. À travers l’assemblage de documents collectés au cours de l’enquête, l’article décrit trois modalités d’aménagement du « vide » urbain constitutif du lieu étudié : sa production dans le contexte d’après-guerre et d’urbanisation effrénée des terres agricoles franciliennes ; son maintien à la faveur d’une succession de projets avortés et inscrits dans une logique de marketing territorial ; enfin sa capacité à susciter des attachements auprès des riverains et riveraines et des acteurs et actrices concernés, et ainsi participer d’un renouveau de l’horizon politique et des capacités d’agir locales. À partir de cette étude de cas, nous élaborons la notion d’infrastructuration négative pour saisir la performativité des infrastructures fantômes et leurs modes d’aménagement spécifiques, qui configurent la ville par les contre-formes des projets abandonnés et les rémanences de leur mise en œuvre anticipée ou inaboutie.

mots-clés : attachements, infrastructures, promesses, projets, vide urbain


Numéro 50 – juin 2026 Les promesses des infrastructures urbaines. Regards ethnographiquesEntre espoirs, craintes et indifférences

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