MACDONALD Charles, 2018. L’Ordre contre l’Harmonie. Anthropologie de l’anarchie

Ce livre d’anthropologie comparative trouve son origine dans les constats ethnographiques et les intuitions tirés d’enquêtes menées sur plus de 40 ans chez les Palawan, une population de groupes semi-forestiers d’essarteurs d’environ 45 000 individus, du sud de l’île du même nom, dans l’archipel des Philippines. Ces analyses portent sur certains des principes fondamentaux de la vie collective et de l’organisation sociale dans les petites communautés de chasseurs-cueilleurs et d’essarteurs – parmi[…]


Comptes-rendus d’ouvrages

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LIZET Bernadette, 2020 [1982]. Le cheval dans la vie quotidienne. Techniques et représentations du cheval de travail dans l’Europe industrielle

La demande de réédition de cet ouvrage, initialement paru chez Berger-Levrault en 1982, a plongé l’auteure dans « une aventure intellectuelle inédite », mettant en perspective 40 années de sa carrière de chercheure. L’avant-propos précise en quoi il ne s’agit pas d’une simple réimpression, mais d’un livre réévalué et « augmenté ». Les dernières pages livrent ainsi les résultats d’une enquête réalisée pour comprendre le changement intervenu durant les quatre dernières décennies. Bernadette Lizet a ainsi opéré une[…]


Comptes-rendus d’ouvrages

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Note pour la rédaction d’articles

Généralités

La revue ethnographiques.org favorise la publication d’articles qui expérimentent les potentialités offertes par l’édition en ligne. Elle ne publie que des articles originaux, qui n’ont jamais été publiés en français, quel qu’en ait été le support de publication (papier ou édition électronique).

Toute republication d’un article déjà édité par la revue ethnographiques.org doit faire l’objet d’une demande formelle auprès du comité de direction, que cela soit pour une publication papier ou[…]


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Boisseaux de riz et billets de banque

La valeur, cette propriété des objets et des personnes, apparaît dans les rapports sociaux de toutes formes, mais l’alimentation en compose un espace privilégié de redéfinition. Se concentrer sur la trajectoire d’un aliment permet ainsi de décri…

Se positionner aux côtés des personnes

Le présent article s’appuie sur une recherche menée à Mulhouse entre 2015 et 2018 sur l’insécurité alimentaire. Dans l’optique de mieux comprendre le rapport à l’alimentation des publics précaires, une soixantaine d’entretiens semi-directifs ont…

Ce que l’ignorance nous apprend

This article analyzes the uses and relevance of the concept of ignorance in contemporary food research. We distinguish three mechanisms of production of ignorance : 1) we approach ignorance as an individual psychological spring in situations of …

BONNOT Thierry, 2014. L’Attachement aux choses

« Les objets ne sont jamais là par hasard » (p. 83). Tel pourrait être le point de départ de la réflexion de l’anthropologue et historien Thierry Bonnot. Une réflexion qui l’engage à poser dans L’Attachement aux choses un état des lieux très complet des réflexions en sciences sociales sur les interrelations entre humains et objets dans les sociétés contemporaines. En effet, poursuit-il : « c’est ce qui ne relève pas du hasard dans la présence d’un objet dans une situation donnée qui constitue l’objet des[…]


Comptes-rendus d’ouvrages

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Ours du numéro 40

Numéro 40 – décembre 2020

Hip-hop mondes(s) [en ligne].

(https://www.ethnographiques.org/2020/numero-40)

DOI : [10.25667/ethnographiques/2020-40 >https://doi.org/10.25667/ethnographiques/2020-40]

Dossier coordonné par Alice Aterianus-Owanga, Olivia Killias et Virginie Milliot

Ont contribué à ce numéro : DON T.W.A, illustration du sommaire Blaise Monferran, intégration web

Membres du comité de direction : Sophie Chevalier, Thierry Wendling, co-directeurs Nicolas Adell, Laurent Amiotte-Suchet,[…]


Hip-hop monde(s)

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David Graeber (1960-2020). L’anthropologie comme projet politique : de Madagascar à Wall Street

David Graeber est mort subitement d’une hémorragie massive du pancréas à Venise le 2 septembre de cette année. Les notices nécrologiques résument, en général, la vie de quelqu’un qui n’est plus parmi nous. Celle que je propose ici est d’une autre nature, il s’agit d’un hommage qui se veut plus prospectif que rétrospectif . David a touché de très nombreuses personnes de tous les horizons. Sa pensée et ses écrits ont déjà inspiré des mouvements sociaux. Il y a des articles d’hommage dans toute la presse[…]


Hip-hop monde(s)

« Welcome to Gwada ». Fondations de la musique rap et émancipation postcoloniale en Guadeloupe

Cet article porte sur les fondations de la musique rap en Guadeloupe, de la formation des premiers groupes, à la fin des années 1980, à l’essor d’une production de disques de rap guadeloupéen au tournant des années 2000. Nous décrirons d’abord les procédés d’appropriation de la culture hip-hop qui s’insèrent en Guadeloupe dans une dynamique d’échanges entre le bassin caribéen, les Etats-Unis et la France. À partir d’une analyse détaillée du morceau Awogan sorti en 2001 sur l’album Pur Hip-hop Gwada du groupe Gwada Nostra, nous verrons ensuite que l’expérience de la domination culturelle a fortement influé sur les processus de création musicale, en produisant un mode singulier de narration qui rend compte de la manière dont la matérialité du pouvoir a été vécue et perçue par les rappeurs. Enfin, nous verrons que la circulation transnationale de catégories d’appartenance a stimulé un travail catégoriel s’exprimant par un recours ouvert au registre de la “race” comme outil d’affirmation politique.

Mots-clés : Guadeloupe, rap, postcolonial, tiers-espace, identité, globalisation


Hip-hop monde(s)

L’hybridation du rap par les artistes tunisiens : logiques locales et internationales

Au lendemain de la révolution tunisienne, le rap s’est imposé comme un symbole du changement de régime, et il est aujourd’hui devenu une des musiques les plus écoutées. Cependant, l’émergence d’un « rap tunisien » est le résultat d’un processus d’appropriation qui a débuté bien avant le changement de régime en 2011. Cet article analyse les formes d’appropriation du rap opérées par les artistes tunisiens, en distinguant d’une part les supports de sa circulation et son ancrage dans le pays, et d’autre part, les différentes formes d’hybridation qu’il y a générées. En partant d’observations et de récits de vie de rappeurs tunisiens, il met en évidence deux genres d’appropriation du rap selon des logiques locales : « le rap en mobilité » et « la culture tunisienne samplée ».

Mots-clés : Rap tunisien, mobilité, hybridation, imitation, globalisation, local, révolution.


Hip-hop monde(s)

Rap Galsen vs. Dirty South : revisiter le partage local/global au prisme de processus de différenciation au sein d’une scène musicale

À l’aune des 30 ans du « rap Galsen », l’article explore les tensions entre générations de rappeurs à travers le prisme de l’ostentation matérielle. Cette exploration permet de restituer les processus de différenciation à l’œuvre dans l’affirmation d’un rap “local” au Sénégal et de revisiter les frontières opérées avec ce qui serait de l’ordre du “global”. Je montrerai ainsi que les pratiques d’ostentation matérielle dans le rap au Sénégal s’inscrivent dans des transformations du genre musical rap à l’échelle mondiale. Plutôt que de chercher à « imiter les Américains », ces artistes de la « nouvelle génération » se positionnent d’abord à l’intérieur d’une scène musicale. Cette analyse plaide ainsi pour une approche relationnelle entre “local” et “global” au sein des scènes musicales.

mots-clés : local, global, scène musicale, rap, Dirty South, Sénégal


Hip-hop monde(s)

Constructions et expressions transculturelles du rap Galsen : analyse à partir des cas de Keur Gui Crew et Fou Malade

Cet article cherche à élargir la réflexion autour de la manière dont, en reconsidérant plus généralement l’évolution du hip-hop au Sénégal aujourd’hui, les pratiques de rappeurs qui se posent en « entrepreneurs de morale » puisent dans des répertoires transculturels, des registres multiples. Surtout, il interroge comment ces pratiques, symboliquement et concrètement, se négocient entre des limites fluides. Les rappeurs essayent de concilier, entre autres, et non sans mal, expression débridée inspirée du hip-hop global et acceptation locale de leurs attitudes, « identité » ou « authenticité » hip-hop, enjeux de carrière et légitimité socioculturelle, toutes choses inscrites dans des dynamiques négociées de co-construction de sens. Une telle perspective d’analyse nous met au défi de réinterroger ces constructions et expressions du hip-hop dans le contexte du Sénégal en dialogue avec le monde.

mots-clés : Hip-hop, rap Galsen, Keur Gui, Fou Malade, transculturel.


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